Au XIXe siècle, grâce au canal de Lachine (ouvert à la navigation à partir de 1825) et à la voie ferrée (le Grand Trunk Railroad) inaugurée en 1847, le quartier de Saint-Henri connaît un formidable essor et devient l’un des principaux centres de production manufacturière au Canada. Scieries, meuneries, tanneries et fonderies s’y établissent d’abord. Puis, dans la foulée de l’industrialisation, diverses usines s’y installent à leur tour.
C’est ainsi qu’en 1880 sont entrepris les travaux de construction de l’édifice du 4020, rue Saint-Ambroise. Le propriétaire d’alors est la Merchants Manufacturing Company qui y exploite une filature de coton. L’édifice est bientôt flanqué d’un second bâtiment — le 3970, rue Saint-Ambroise — construit en 1899, qui servira d’entrepôt.
En 1905, la Merchants est englobée par la Dominion Textile Company qui est alors, avec une dizaine d’usines, le plus important employeur au Québec. À elle seule, l’usine de Saint-Henri emploie quelque 3 000 travailleurs. À cette époque, la population de Saint-Henri est de 25 000 habitants.
Il est utile de rappeler que le nom dominion désignait (jusqu’en 1948) un état autonome au sein de l’empire britannique. Le Canada acquiert son statut de dominion le 1er juillet 1867 et est aussitôt baptisé Dominion du Canada par les pères de la confédération. Ce nom connaît alors une vogue formidable, des entreprises de toutes sortes s’en réclament. Aujourd’hui, il en subsiste encore de nombreuses à le porter, comme la Dominion Tar & Chemical Company (mieux connue sous le nom de Domtar) et la Banque Toronto-Dominion, pour ne citer que celles-là.
L’ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959 entraîne un déclin rapide du canal Lachine — et sa fermeture en 1970 — et des usines qui sont installées en bordure.
En 1969, l’édifice du 4020, rue Saint-Ambroise est repris par la Connecticut Leather Company, entreprise qui en dépit de son nom, fabrique des jeux. Mieux connue sous le nom de Coleco,, elle connaît une certaine prospérité dans les années 70 avec les premières consoles de jeux vidéo à l’époque du Pong, puis, dans les années 80, un succès monstre avec les poupées Bout d’chou.
De 1987 à 1999, l’édifice est désaffecté, laissé à l’abandon.
1999, on procède à sa restoration et à la démolition des ailes et bâtiments qui ne sont pas d’origine.
2006, l’agence de publicité Bos fait l’acquisition du bâtiment des entrepôts et entreprend des travaux de réaménagement.
Les Entrepôts Dominion















